Il est vrai que la confusion est générale concernant ces deux spécialités. Même sur Wikipédia, la prospective et la futurologie sont amalgamée. Implicitement, la futurologie n’y est pas prise au sérieux, au motif que ce ne serait pas une science.

Quoi qu’il en soit, en français, s’il existe des termes différents, il y a au moins des nuances. En l’occurrence :

·        La prospective se fait à partir de données statistiques. Il s’agit d’imaginer le futur proche, à 5 ans maximum, en combinant des séries d’observations chiffrées. Par exemple : l’évolution du cours de l’aluminium, du prix de l’immobilier et quelques autres séries statistiques permettent d’anticiper les besoins en main d’œuvre dans le secteur du bâtiment.

·       La futurologie se fixe des objectifs plus lointains (trente ans environ). En étudiant certains « signifiants » du passé récent (plusieurs siècles en arrières mais aussi quelques années voir même parfois quelques mois), elle propose des scenarii à partir de la force et de la trajectoire de ces signifiants et de leurs interactions. Ces signifiants sont recherchés en fonction de la nature des scenarii à proposer. Ils proviennent de travaux artistiques, anthropologiques, historiques, économiques, sociologiques … soit un peu toutes les sciences « moles ».

La qualité du travail d'un futurologue s'évalue sur les critères suivants : créativité des scénarii, choix des signifiants, clarté des explications. Un bon scenario mal argumenté ne sert à rien.

Le travail du prospectiviste permet de qualifier les données de l’année zéro de la base de travail du futurologue.

La futurologie est utilisée pour fabriquer des films de science-fiction ou des scenarii militaires. Elle est surtout utiliser plus faire des plans stratégiques sur la base d’une vision à 30 ans, réactualisée tous les 3 ans.

Le savoir-faire du futurologue repose sur sa capacité à capter des signifiants, à les étudier puis à les mettre en scène dans une histoire crédible. Le futurologue accompagne le stratège dans l’élaboration d’arbitrages politiques.

En France ce savoir-faire est quasiment inconnu. Il devrait gagner du terrain car cette discipline devient stratégique en cette période de mutation.