Les 35 heures ont été imaginées en partant du constat que le travail devenait rare est qu’il fallait le partager.

Effectivement, le secteur primaire (agriculture) est devenu hyper productif, le secteur secondaire (industrie) parachève son hyper productivité et le secteur tertiaire (administration) développe son efficacité, notamment avec les technologies de l’information.

Il y a donc moins d’emplois salariés. Or, le salariat est forme de contribution à l’économie la plus reconnue.

L’idée du partage repose sur l’idée que le travail disponible est une donnée fixe, ce qui n’est pas vrai. De ce fait, les résultats n’ont pas été à la hauteur des promesses.

Il fallait s’interroger sur l’attrition du travail salarié. Le travail et la protection sociale qui en découle sont pensés pour une économie qui met l’industrie au cœur de l’économie. Par le passé, c'était l’agriculture qui occupait cette place et nous avions une autre organisation sociale.

A présent, l’industrie devient une composante au même titre que l’agriculture ou les activités administratives. De nouvelles activités apparaissent qui n’appartiennent pas à ces 3 secteurs d’activité. c'est le cas en particulier de l'associatif et du "pré-marchand", autrement dit l'innovation. Ces nouvelles activités deviennent stratégiques. (voir chapitre 4 de la publication « mieux que la réindustrialisation »). Nous sommes incapables de les prendre en compte correctement dans notre modèle socioéconomique actuel qui estime que la solidarité relève de la bienpensance et l'innovation d'un plaisir individuel réservé aux "fous chantants".

Les citoyens veulent consommer et produire autrement. Ces nouvelles attentes font émerger des besoins nouveaux qui sont difficiles à prendre en compte avec une logique purement industrielle, car les lobbyistes sont à la manœuvre ...

Ces attentes ont un caractère fortement immatérielles. Il est donc difficile de les chiffrer et donc de les faire rentrer dans la logique financière. La seule chose que nous savons faire, c’est d’évaluer ce que coûte le fait de ne pas les financer.

La finance devient folle parce qu’elle ne sait pas se mettre au service des nouvelles attentes de la population. Elle empêche le nouveau paradigme de se mettre en place et la population commence à se fâcher.

Nous devons apprendre à penser autrement, à gouverner selon de nouvelles règles et nous doter de nouveaux outils technologiques et méthodologiques.

 

Voir : http://durable.vitacogita.fr/encore-mieux-que-la-reindustrialisation/