Pourquoi faut-il se mobiliser contre les petites popotes des partis
Par Geneviève Bouché le Mercredi 18 août 2010, 14:11 - actu - Lien permanent
Les tribulations de
notre ministre du travail, celui dont les français attendent le plus de
résultat en ce moment, amène à révéler ce que nous savions à propos des rapports
incestueux entre le monde du pouvoir et le monde de l’argent.
Du temps des présidents Valéry Giscard d'Estaing ou de François Mitterrand, ces choses là étaient discrètement protégées, même si le standing d’une frange d’élus suscitait déjà quelques questions.
Les petites affaires continuent de plus belles : ce n'est plus raisonnable du tout ! Pour ce qui ne le savent pas déjà, voici comment marche la machine.
Dans mon entourage politique, nous avons une « élue » que nous appelons « brushing ». Ce simple sobriquet m’évite de vous décrire le personnage qui, à part sa mise toujours impeccable, est assez effacée. Peu de personnes ont de choses désagréables à dire à son sujet.
Les circonstances, astucieusement organisées, ont fait que cette jolie personne est aujourd’hui une « élue » communale sous les couleurs du Modem (en l'occurence, en jouant avec des démissions d'élus). On peut imaginer sa satisfaction … sauf que depuis elle voit les militants de son parti disparaître en silence. Manifestement elle est mal outillée pour les retenir. Elle l’est encore plus pour aller en recruter de nouveaux.
Il est vrai qu’en entendant le secrétaire général de ce parti dire à ses militants : « je ne pleure pas ceux qui nous ont quittés », elle peut se sentir absoute de cette débâcle puisque, au fond, il est possible de faire valoir qu’il y avait plein de gens indésirables dans ce parti.
Ceci pourrait éventuellement porter à rire si la situation nationale n’était pas aussi dramatique.
ces derniers temps, l’ambiance au Modem a été largement présentée aux Internautes via des blogs parfois talentueux comme le Chevalier Orange ou Echos & Rumeurs et bien d’autres encore, souvent plus personnels, dans lequel on peut lire la rage d’avoir cru et donné de sa personne à une équipe qui se révèle être tout à fait décalée par rapport à ses promesses, avec des personnages plus préoccupés de leur carrière que des causes qu’ils font mine de défendre.
Cette situation est d’une banalité affligeante pour le moindre petit historien qui en a lu bien d’autres dans les livres. En période normale, elle nourrirait avantageusement les caricaturistes et les chansonniers …. Seulement nous ne sommes pas dans une période normale et les missions dévolues aux partis politiques ne sont pas anodines.
Les deux partis institutionnalisés, le rouge et le bleu, ne peuvent plus remplir leur office : quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fasse, le peuple est en mesure de rétorquer : « si ce que vous proposez est bien, pourquoi ne l’avez-vous pas tenté lorsque vous étiez aux affaires ? ».
Un partit alternatif a donc un rôle majeur à jouer. Les moyens qui lui sont accordés, mêmes modestes, proviennent des deniers publics. Les partis ont un devoir moral vis-à-vis des électeurs et de leurs militants, c'est-à-dire des citoyens qui sont prêts à donner de leur temps, de leur énergie, de leur image et de leur expérience pour faire avancer les causes qu’ils croient juste.
En choisissant de mettre en valeur « brushing » est d’autres personnalités de sa texture, ces militants sont en droit de crier leur rage : qui dans ce pays, à l’approche de la prochaine bataille pour les présidentielles va utiliser les moyens de la république pour mener des débats constructifs, portés par des hommes et des femmes attentifs, éclairés par des expériences de la vie complémentaires ?
Ceux qui crient leur révolte veulent des hommes et des femmes reconnus par les militants de leurs partis, qui savent débattre et proposer, qui savent fédérer des forces vives qui se transmette de proche en proche au leader qu’ils auront sincèrement choisi pour sa capacité à mener avec détermination le projet qui aura été bâti. Ils ont raison. De quel droit les privent-on de ce désir légitime et nécessaire ?
A tous les « brushing » de ce parti et ceux des autres partis, je dis qu’ils sont des imposteurs et qu’ils doivent se retirer avant qu’il ne soit trop tard. S’ils restent, nous manquerons un rendez-vous important avec l’histoire. Ils auront été les valets qui auront rendu cela possible. Leurs enfants le leur reprocheront amèrement … et que dire à propos de ce que vont faire les citoyens exaspérés !
Il faut en finir avec des élus forts qui démultiplient leur potentiel de pouvoir en s’appuyant sur des élus serviles qui, sans eux, n’auraient jamais décroché le moindre mandat. Cette pratique est légitimée par le fait que les élus serviles sont dociles en matière de consigne de vote dans les assemblées (conseils municipaux, assemblées nationale … etc.). Or, un tel dispositif dévoie les système démocratique : il favorise l’installation de « grands manie tout » qui agissent à leur guise, sans garde-fou. Le pouvoir est une drogue, le pouvoir électoral en fait partie. Cela nécessite de la surveillance car il ne s’agit pas d’un pouvoir comme les autres.
Les électeurs doivent se préoccuper plus sérieusement de l’émergence des candidats qui vont leur être proposés. Il faut qu’ils exigent de la qualité. Cela commence près de chez eux, dans les sections des partis.
Non, faire de la politique n’est pas une mauvaise chose bien au contraire. Chacun doit penser au monde qu’il veut laisser à ses enfants ou à ses neveux. Il doit penser à l’avenir qui est réservé à son travail, celui qu’il laisse à la postérité.
