Ceci est mauvais pour les poulains qu’elle produit, confinés dans leur écurie d’élite. En effet, une personne n’est pas formidable tout au long de sa vie et en toutes circonstances. Les failles finissent par se voir. Les arrangements entre amis deviennent la parade … cette approche est donc également mauvaise pour la société qui se trouve à son tour confinée aux mains de ces « anciens d’écuries ».

 

Bien des parents jouissent à l’idée que leur enfant intègre une bonne « prépa ». Savent-ils qu’ils les risques qu’ils font prendre à leur progéniture : la castration créative ? Car, pour y survivre, sauf à dominer superbement le régime qui les y attend, leurs enfants vont devoir renoncer à une étape décisive de leur croissance, celle de l’adolescence où il est nécessaire de voir que le monde ne se regarde pas avec la fraîcheur l’enfance, mais avec réalisme, prudence et enthousiasme.

Bâcler cet apprentissage revient à fabriquer des individus timorés … qu’il sera possible de manipuler.

Les grandes entreprises sont très attachées aux diplômes de leurs salariés. Le rang de sortie est un fléchage important de la carrière. Admettre cette culture permet d’admettre une vision remplie de schémas simples et ségrégationnistes. Nous entreprises s’enlisent. Cherchez l’erreur …

 

Heureusement, le Medef et Bercy nous rassurent : désormais, l’économie française va miser sur les PME. Celles-ci sont moins crispées sur les questions de diplôme. Elles souhaitent des hommes (et pourquoi pas des femmes) qui savent travailler en équipe et qui sont efficace dans leur spécialité.

Le problème n’est pas résolut pour autant. Il ne le sera que lors que nous auront obtenu un mammouth décrispé et plus pragmatique.

 

Les enfants vont à l’école pour « apprendre à apprendre ». Ils doivent y recevoir l’éducation qui permet d’apporter leur contribution à la société dans laquelle ils vont « réaliser » leur vie.

Ils ont besoin de découvrir leurs limites et leurs zones de force. Ils ont besoin de comprendre le monde qui les entoure et les rouages de la société.

A ce titre, comment se fait-il que l’économie soit aussi absente et le droit totalement exclus ?

 

Tout ceci n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que les effets de ces choix soient aussi visibles dans l’affaiblissement de notre compétitivité, de notre capacité à innover, dans les petits arrangements en matière de revenus des dirigeants … Est-ce ce qui va permettre de prendre en compte le problème ?