Poire française à la dérive, que fait le ministre, qu’en pensent les citoyens ?
Par Geneviève Bouché le Mercredi 13 janvier 2010, 22:59 - à débattre - Lien permanent
L’an passé, c’était les pêcheurs, hier les producteurs de
lait, aujourd’hui les arboriculteurs : leurs prix de revient n’a rien à
voir avec le prix d’achat qui leur est proposé. Ce matin, sur Europe 1 :
cédé 0,09 € le kilo de poire, son prix de revient est de 0,38 € et il sera
vendu au consommateur à 2,90 € !
Ruine, désespoir, suicide ... si non la colère.
Lorsqu’on se penche sur le problème, on découvre un
cauchemar : la technologie a permis à l’homme d’user
La crise s’amplifie.
Assurer l’indépendance agricole de la France a été un combat auquel nos concitoyens ont été attachés. Ils le sont encore aujourd’hui car, dans leurs livres d’histoire, l’éradication des famines a été une fierté nationale.
Or, compte tenu du fait que les pommes et les carottes n’ont
jamais déserté les étales, les problèmes ne sont pas perçus comme un danger
pour
Sur le site du ministère de l’agriculture, tout semble en ordre. Le ministre énarque, arrivé tout droit de Neuilly sur Seine, propose aux agriculteurs de s’endetter à un taux attractif ( ! ) … je suppose que pour le reste, la réflexion est en cours.
A défaut, la bienpensance écologique progresse.
Les médias nous alertent ci et là, mais sans remettre le problème en perspective. Le débat se déroule entre experts …
Si je publie ce billet, c’est parce, comme pour de nombreux bloggeurs, il me semble temps d’ouvrir un débat public : un pays qui ne jouit pas d’une indépendance agricole minimum est un pays fragilisé. Nous n’avons pas de raison de le devenir, nous devons tout faire pour ne pas le devenir.

Commentaires
C'est là un sujet dramatique depuis 35 ans. Sarkozy s'est carrément moqué des agriculteurs, il faut le dire. Boutin confessait en privé à mon frère que seul l'impact médiatique des actions gouvernementales comptaient pour Sarko, et que le fond des dossiers ne l'intéressaient pas. Plausible. Surtout au vu de la manière dont on considère les Français.
Le monde agricole reste celui où le taux de suicide est le plus important. J’ai été viticulteur et sais bien quel est le problème. Le lait, le vin, le bétail, l’élevage, les céréales, tout est en train d’être détruit. De plus, la génération des paysans capables d’enseigner la terre et ses équilibres a disparu, remplacée par une génération vivant de subventions et d’administratif, instrumentalisée et dépendante. Les lobbies industriels ont achevé la conquête des terres françaises.
Et on persiste à discréditer les agriculteurs, laissant entendre que leur métier est méprisable. Les femmes sont de moins en nombreuses à se laisser séduire par une vie à la ferme : pas d’argent à gagner, beaucoup de travail et de soucis, une image médiocre et un environnement amoché par les pesticides.
On ne refera pas la France agricole comme ça, ou alors le monde bio, où restent les derniers savoirs, doit être brutalement institutionnalisé et promu.
On suppose qu’il reste 600.000 agriculteurs actifs en France. Soit 1.66% de la population. Il est clair que nous ne pouvons plus être autonomes désormais et que le bilan carbone, à l’import, est exécrable.
Une nouvelle taxe pendant ce temps se profile, sur les papiers imprimés (ah ! l’écologie, quelle bonne idée !), qui ne sera payée que par les entreprises et pas les administrations (comme de bien entendu, la fameuse égalité française), évaluée on ne sait comment mais… qu'on pourra éviter si on s'engage à faire de la publicité "à caractère environnemental". Comment évaluer ce « caractère environnemental » ? On ne sait pas.
Donc, dans ces cas-là, on crée des agences, des bureaux, on alloue des fonds, on installe un staff dans un immeuble acheté bien sûr au plus cher dans un beau quartier. On crée des postes bidons, des agences tartempion de consultation, on fera de la pub étudiée par des cabinets privés très chers, et on fera des colloques lambda avec petits fours et champagne pour des notions floues et des millions d'euros à la poubelle malgré une taxe qui, bien réelle, va quant à elle assurément ajouter à la ruine française.