Vote par Internet : à quand un ordre des informaticiens ?
Par Geneviève Bouché le Dimanche 20 décembre 2009, 10:40 - Lien permanent
le vote par Internet est un outil démocratique, mais il se heurte à un défaut grave le la profession d'informaticien : sa capacité à engager son honneur sur la sincérité des processus de son système informatique. ce problème vieux de 30 ans n'est toujours pas réglé.
Les militants du modem sont appelés à voter sur les têtes de
liste présentées aux élections régionales de 2010.
Cette consultation se fait entièrement par Internet, de façon supposée anonyme : les votants ont reçu un identifiant et un mot de passe composé de lettres et de chiffres vraisemblablement tirés au hasard.
Passons sur le fait qu’ils n’ont pas de choix possibles. Ils votent OUI ou NON en face du nom qui leur est imposé. La méthode semble bien acceptée par les militants : Bayrou se fait régulièrement réélire sans alternative sérieuse.
Ce qui me préoccupe aujourd’hui, ce sont les appels légitimes que je reçois : quelle confiance peut-on faire aux résultats du scrutin qui va être publié lundi soir ? Les militants redoutent deux malversations :
· Est-on certain de la confidentialité du vote ? Beaucoup me disent qu’ils ne voteront pas afin de ne pas avoir d’ennui. Ceci est particulièrement vrai pour ceux qui ont l’intention de voter NON,
· Est-on certain que les résultats ne vont pas être aménagés de manière à dire ce que l’on veut obtenir ?
L’ennui, est que nous ne savons pas qui sont les scrutateurs. Sont-il désignés démocratiquement par les section ou par les conseils départementaux ?
Au-delà de notre démocratie interne chaotique, nous pouvons constater les méfaits de l’absence d’un ordre des informaticiens. Cette profession prend de plus en plus de poids dans la fabrication de données sensibles. Ses membres ne sont assujettis à aucun serment ni déontologie formelle comme le sont les professions sensibles telles que les médecins, les experts comptables ou les avocats.
Un informaticien peut faire ce qu’il veut. Tout au plus recueillera-t-il une mauvaise réputation dans un microcosme s’il est pris la main dans le sac. Parfois même, le truandage est source de valorisation. Dans les professions gouvernées par un ordre, le fauteur de trouble peut perdre le droit d’exercer.
Je ne suis pas entrain de faire un procès d’intention au prestataire qui a été désigné. Tout au plus, je me permet de lui recommander de veiller à ce que des garanties sérieuses soient données aux militants quand à la qualité des scrutateurs et à la véracité des résultats communiqués.
Cette garantie peut prendre la forme suivante : outre le nom de la société et ses dirigeants, l’ensemble des informaticiens impliqués dans cette opération doivent publier leur nom. Ce n’est pas grand-chose, mais un début.
La suite, c’est à nous, militants de nous y atteler … et là, la voie n’est pas simple.

Commentaires
Pour les élections nationales, je suis moi aussi totalement opposé au vote électronique et même aux machines à voter. Ce qui n'a jamais empêché de voir ici ou là, des urnes bourrées ou des bulletins de vote planqués dans les chaussettes des scrutateurs.
En revanche, pour une consultation interne à une organisation (syndicat, association,parti politique) le vote sur Internet présente de nombreux avantages qui me semblent contrebalancer largement les inconvénients du vote réel.
Par exemple : dans certains départements, les élections internes de l'an dernier se seraient déroulées bien plus sereinement si le vote avait été organisé sur Internet. En Alsace, certains candidats disposaient de plus d'un millier de contacts de militants, hérités de l'ancienne UDF, quand d'autres n'en avaient qu'une centaine ou d'autres encore quelques dizaines... À l'entrée des bureaux de vote, on a constaté parfois une organisation quasi-industrielle du vote par procuration -- presqu'autant de procurations que de votants, certaines personnes étant chargées de joindre les non-votants et d'aller faire signer des procurations dans la journée...
Dans ce pareils cas, j'estime pour ma part que le vote par internet offre de bien meilleures garanties de sérénité et de sincérité du vote qu'une consultation organisée localement où l'on dénombre parfois autant de votants que de candidats...
Pour ce qui est de la confiance accordée aux organisateurs de la consultation en ligne, elle ne diffère pas fondamentalement de la confiance que l'on accorde aux pouvoirs publics et aux scrutateurs dans une élection 'réelle'.
Je partage avec vous la demande d'améliorer cette confiance. On pourrait imaginer par exemple, que le code source du logiciel de vote soit publié et que son implantation dans sur serveur soit contrôlé par un huissier. D'autres solutions sont possibles pour mieux garantir la sincérité du résultat mais je pense qu'il vaudrait mieux éviter de confier la mission de scrutateur à la seule corporation des informaticiens !
Tout à fait d'accord.
Ce mode de consultation pose également des problèmes de cohérence : alors que le CCC a déclaré à l'AFP, en Juin 2008, que la "signature électronique" n'était pas valable pour soutenir un texte au moment de la consultation nationale, le MoDem se met à utiliser ce mode de consultation !...
"Il vaut mieux pomper d'arrache pied même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas "
Proverbe Shadok
merci Pierre et Serge.
- oui le vote électronique présente des avantages évidents,
- il y a une société française spécialisée qui pourrait avoir un agrément. elle ne devrait pas être la seule.
- l'idée de l'huissier est à creuser.