L’impression de flou dégagé n’est en rien allégée par la rencontre de François Bayrou et François Hollande et d’autres personnalités en vue d’une éventuelle alliance pour ces même élections, voir les suivantes … si affinité.

 

Le Grid ne peut que s’étonner de ce calendrier : le ménaco des alliances passe avant le contenu. Celui avec lequel un parti se doit de donner de l’espoir à ses électeurs et aux militants, les véritables ambassadeurs du parti.

Tout se passe comme si, à défaut de travailler sur le contenu de leur programme, les leaders échafaudent des stratégies de gestion de leur potentiel d’audience respective. Seuls ceux qui pensent avoir un électorat à apporter dans un pacte d’alliance se livrent à ces discussions qui ressemblent aux mondanités des VC (venture capital) et des startupers avant la Bulle Internet où chacun était grisé par le vent de l’irréel. Aurions nous une bulle politique ?

 

Les militants se sentent bafoués mais, dans même temps, il prononcent une phrase terrible : « Certes, la méthode est insupportable au regard de la situation, mais comment faire autrement, nous n’avons pas de talents qui pourrait contribuer ! ».

Le talent est une chose relative et éphémère : une personne se révèle bonne à un moment donné, face à une circonstance donnée. Statistiquement, dans une population donnée, il y a toujours matière à créer une situation qui permette à des talents d’émerger.

Le tout est d’accepter de créer cette situation, bien que cela puisse susciter des tensions.

Nos mentalités doivent évoluer de manière à ce que cela ne soit plus un problème : dans l’économie de l’immatériel, le talent devient la véritable source de création de valeur. C’est pour cette raison que le rôle attribué au leader évolue : il n’est plus un grand « deus de machina » qui fait rêver l’incrédule, mais un révélateur des talents qu’il met en synergie.

 

Les électeurs veulent être étonnés, non plus par un grand chef à plume qui a montré sa Rolex dans la presse people, mais par une équipe cohérente qui défend des visions crédibles et qui prend des engagements réalistes au regard de la durée du mandat qu’elle brigue.

Voilà pourquoi la guerre des talents doit avoir lieu maintenant et la guerre de l’attention après.