Est-ce ainsi qu’il faut le dire ?
La princesse vaincue ne cesse de repenser à ce qu’a été son palais au
temps de sa splendeur. Elle se demande si elle doit lui redonner son lustre ou
refaire sa vie. Or réécrire l’Histoire n’est jamais possible, et d’ailleurs
pas souhaitable.
C’est pourtant la question qui est posée aux conseillés des présidents
de la république qui se sont succédés depuis les années 80. Jean Louis Beffa
prône le retour aux conditions des 30 glorieuses, Minc recommande une forme de
libéralisme sans issue pour la France … au bout du compte, le constat est
accablant tant sur le plan social qu’économique.
Les français veulent que l’emploi soit « relocalisé » en
France. Or, compte tenu de la manière dont sont traités les entrepreneurs, la
création d’emploi est déficitaire. Les TPE sont trop faibles, les PME trop
rares. L’activité économique est portée par de grands groupes dont la fibre
« citoyenne responsable » limite ses actions à ses besoins d’image
vis-à-vis de l’opinion public.
Nous devons quitter ce modèle de société qui ne nous va pas et nous
tourner vers un modèle plus mature. Celui qui se dessine s’appelle « l’économie
solidaire ». Il demande un effort culturel et des sacrifices structurels,
pas tant au peuple qu’aux détenteurs des pouvoirs actuels.
Pour comprendre le mécanisme qui plombe notre capacité à nous
moderniser, il faut accepter de reconsidérer les innombrables petits
héritages du passé qui, à eux tous, entravent notre renouveau. Sortir d’un
modèle pour aller vers un autre amène des conflits entre les équipes
sortantes et les équipes entrantes. Il faut accompagner ces confits et
non les contourner.