Le blog de Geneviève - B

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Vendredi 11 décembre 2009

L’activation économique, LA priorité

Nous n’avons plus le temps ni les moyens de faire du saupoudrage et de faire semblant de ne pas voir le gâchis des entrepreneurs malheureux. Les locomotives de notre économie ont besoin de PME robustes et de startups dynamiques.

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les programmes de débutance, usine à startups fiables

L’innovation, celle qui fait progresser les entreprises et l’économie, n’est plus seulement technologique. Elle devient composite : elle contient du marketing, de la finance, de la communication, de la distribution, de la sécurité, du juridique, du service …

Elle devient aussi continue. Dans ce contexte l’entreprise se doit d’être flexible et robuste. Nous entrons dans l’ère des PME en réseau. Nous quittons l’économie en étoile, organisé autour de quelques grands donneurs d’ordres.

Pour faire une PME robuste, il faut du temps. Pour croître, la PME a besoin d’être challengée et de pouvoir opérer les croissances externes qui accélèrent sa capacité d’innovation.

Dans ce contexte, la fabrication de startups devient stratégique pour l’économie. Notre approche, en particulier via les pôles de compétitivité, ne donne pas de résultats à la hauteur de nos besoins qui deviennent chaque jour plus pressants.

En effet, conçu avec une vision qui tend à pérenniser l’organisation économique en étoile, ce modèle ne convient plus aux nouvelles contraintes de notre tissu d’entreprises qui tend à se recomposer dans une structure en réseau.

Respectueuse de notre histoire et de nos valeurs collectives, les programmes de « débutance » se présentent comme une alternative qui mérite d’être testée.

Ce modèle basé sur la notion de recyclage des talents et des savoirs, s’inspire du parrainage éprouvé dans les économies grégaires, la prise de risque mutualisé du showbiz, ou encore l’accompagnement solidaire du microcrédit.

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Lundi 30 novembre 2009

Favoriser le mouvement de la Vie

Par Geneviève Bouché et Christian Delom

Constatons l’échec de la société de l’accumulation et de la concentration

Notre société est bloquée car elle privilégie l’accumulation des richesses, la concentration des pouvoirs, la concentration des savoirs. Elle tourne le dos à notre projet de société et à sa promesse universelle : liberté, égalité, fraternité.

Une société qui se donne comme objectif prioritaire l’accumulation et la concentration tombe immanquablement dans tous les excès et les gaspillages :

-          Excès de richesses qui amène à stocker plus qu’à investir,

-          Gaspillage des ressources humaines et des ressources naturelles au service de l’unique objectif d’accumulation de richesses,

-          concentration de pouvoirs, perdant les repères de la mesure et de l’éthique publique, accaparement des savoirs jusqu’à tourner le dos à la recherche fondamentale et à la recherche de sens.

Aucune régulation, aucun contrepouvoir, aucun partage des ressources et des savoirs ne sont tolérés. La liberté n’est invoquée que pour laisser faire cette accumulation.

Ainsi, la société se fige et la diversité s’éteint. Les riches restent riches, puis leurs enfants, leurs petits enfants. Les pauvres restent pauvres mais aussi leurs enfants et leurs petits enfants. Les diplômés protègent l’accès au diplôme. Et pour conserver les privilèges, la classe moyenne, qui fut une conquête de l’époque moderne, passe en perte et profit même au mépris de son pouvoir d’achat. On privilégie l’immobilisme au mouvement pour la satisfaction, sans perspective, de ceux qui possèdent. Même l’égalité des chances, substrat d’une société d’équité, est peu à peu abandonnée dans un modèle qui favorise officiellement la compétition à outrance, en réalité à la faveur du « fils de ».

Ghettos de riches, ghettos de pauvres, écoles de l’excellence, écoles de l’échec, professionnels du pouvoir, citoyens considérés comme simples consommateurs du pouvoir et non comme un peuple souverain, libre de ses choix.

Concentration de richesse et développement de la pauvreté, gaspillages humains et matériel, contre-pouvoirs en fuite … les uns profitent de la loi du plus fort tandis que les autres font au mieux.

Notre vision

Nous sommes désorganisés et pourtant nous sommes en présence de perspectives prometteuses au regard de l’accumulation de potentielle d’innovation sur tous les plans : technologique, sociale et artistique … mais pas démocratique.

Stigmatiser uniquement les financiers est réducteur. A y regarder de près, nous devons aussi remettre en cause notre pratique de la démocratie. Elle n’est plus adaptée aux contraintes et aux perspectives de la civilisation de l’immatériel dans laquelle nous entrons. Cette ère change notre rapport au temps et la nature de nos désirs.

L’important n’est pas tant ce que je possède que ce que je suis, ce que j’ai fait et les projets que j’envisage de mener avec d’autres.

« Collaboratif », « réactifs », « diversité », « à dimension humaine » … sont les mots clef qui sillonnent les travaux de réflexion de ceux et celles qui ont acquis la conviction que nous devons désormais accepter de penser autrement. Tous attendent des propositions de la part des formations politiques. Comment faire évoluer nos institutions pour redonner vie à notre espace social, économique et environnemental ?

L’ère nouvelle que nous abordons impose de favoriser la fluidité d’action (politique, sociale, économique, culturelle) en instaurant un esprit de liberté responsable.

L’ère industrielle a prôné le gigantisme dans une organisation en étoile, l’ère financière rétablit l’ordre hiérarchique, des sociétés divisées en castes, l’ère de l’immatériel réclame de la fluidité et de la coopération en réseau, basée sur des indicateurs non plus exclusivement financier. La fluidité comme les réseaux annonce une société du mouvement et néanmoins stable (un élément tombe, la toile s’adapte).

Le mouvement c’est la mobilité sociale, le partage des savoirs, celui des pouvoirs. Le mouvement c’est la capacité d’agir, d’imaginer, de réfléchir, d’innover, en bref de « cross fertiliser » en permanence.

Le mouvement c’est la liberté créatrice, l’expérimentation, l’évaluation, la coopération, l’adaptation.

Mais une société du mouvement est aussi une société qui donne les moyens, qui accompagne, qui oriente. C’est une société bienveillante car elle y a tout intérêt : l’émulation est créatrice de valeur dès lors qu’elle comprend que la coopération est source de valeur.

 

L’Europe s’est développée sur une certaine idée de la paix. Cette idée doit être renforcée et adaptée aux nouvelles réalités où les guerres ne sont plus seulement militaires, mais multiformes et permanentes. La France, en raison de sa position et de son poids se doit d’y être exemplaire et moteur.

Pour cela la maison France doit être attractive et efficace.

Le désordre actuel constitue une chance à condition de mobiliser l’effort de tous. C’est à ce prix que nous allons pouvoir rendre flexible ce qui est rigide et attractif ce qui semble impossible.

Ceci va être fait parce qu’ensemble nous avons acquis la conviction que le consumérisme assèche la vie sociale et spirituelle et que le progrès technique n’est pas sans faille.

L’enjeu

Nous sommes rendu à une situation où soit nous entrerons dans une période d’endormissement de plusieurs siècles, soit nous décidons de moderniser rapidement notre vie sociale, économique et politique.

Cette seconde option, la notre, nécessite la coopération de tous. Nous avons à cœur de promouvoir cette coopération par la règle, l’exemple et l’accompagnement. Elle ne laissera personne sur le chemin de l’oubli, de la résignation ou du découragement. Elle n’exonère personne de l’effort à consentir. Cet éffort sera réparti de façon équitable entre les générations et les différentes sphères sociales.

Ceci n’est possible que si nous parvenons à convertir le vent de révolte en énergie régénératrice, orientant les efforts de tous vers un même but : la construction d’une société qui considère chaque individu comme un contributeur dans un environnement qui est le patrimoine de l’humanité. Ainsi nous tournerons le dos à une société caricaturale, basée sur l’élimination et la normalisation.

 

Notre modèle de société pour la France dans 10 ans

La France doit s’imposer comme un pays exemplaire et attractif au sein de l’Europe, portée par une administration qui favorise l’activité, l’organise de façon démocratique et accompagne les projets.

Enracinée dans l’esprit collaboratif de notre époque, elle se méfie des concentrations de toutes natures au profit de structures réactives qui ne craignent pas la remise en cause.

C’est une société en réseau adaptée, à une économie basée sur les savoirs, les talents et la valorisation des patrimoines de toute nature.

C’est une société du partage, attentive à la diversité en matière de culture et de savoirs, la « nouvelle matière première » de cette forme d’économie émergeante.

C’est aussi une société attentive à ne laisser tomber personne agissant plus en fonction des besoins de chacun. Elle passe de l’assistanat à l’accompagnement. De la normalisation réductrice à l’adaptation réaliste et efficace.

Le 21ème siècle doit terminer les guères financières du 20ème siècle car la guerre des talents a déjà commencé. Elle repose notamment sur l’attractivité des contrées.

Des priorités convergentes

Capitalisons sur notre capital d’expérience en matière de démocratie, en l’adaptant aux nouvelles contraintes du 21ème siècle : profitons des opportunités de la « production intelligente » (immatérielle, coopérative, déconcentrée), démultipliée par l’accès aux savoirs, au partage d’expérience, à la coopération (culture du partenariat).

Jouons les atouts de l’Europe.

Donnons un autre chemin à la mondialisation en démontrant la nécessité de passer au développement responsable. Ne subissons pas la limitation des ressources, l’accélération du temps, les désordres démographiques et économiques. Organisons, les ressources actuelles et imaginons celles du futur. Donnons nous du mal à nous faire du bien mais ne nous faisons pas mal en croyant en faire….

Le progrès technologique n’a jamais détruit des emplois. Il a permis de remplacer des tâches fastidieuses ou dangereuses par des métiers intéressants. Avec ingéniosité, l’occident est parvenu à éradiquer ses famines. Nous devons à présent nous atteler à éradiquer les crises financières et leurs effets désastreux sur les hommes et l’environnement. L’Europe dans son ensemble pèse un poids significatif pour influer sur le sens de l’histoire. Les français, fortement touchés, doivent exiger des comptes et soutenir les actions qui contribuent à barrer la route à ce fléau.

Néanmoins, la recomposition de notre tissu économique demeure notre priorité. Un tissu souple, basé sur la coopération et l’engagement dans des projets à taille humaine.

Sans trahir notre éthique et dans le respect de notre trajectoire culturelle, nous privilégions le pragmatisme, le réalisme et la constance. C’est par cette voie que nous commencerons à barrer la route à la pauvreté rampante qui gagne nos familles.

Eradiquer la pauvreté serait naturellement idéal, mais la combattre est déjà un objectif ambitieux. Ne pas produire de CO2 serait évidemment préférable, mais s’organiser pour en produire de moins en moins est évidemment une priorité plus accessible.

Volet économique

Le rayonnement d’une économie prend ses racines dans une activité domestique forte et stable. A l’ère des ressources  immatérielles, l’innovation collaborative impose de nouvelles formes de prise risques en matière d’investissement. Elle exige une gestion des talents, des savoirs et des capitaux qui passe par une nouvelle approche de l’entrepreneuriat. Nous devons recentrer nos institutions en conséquence en les confortant dans leurs attributions de facilitateur et de stratège. Car une économie dynamique est organisée et fluide.

La finance est au service de l’économie. Elle ne peut créer de la richesse qui ne soit pas adossée à la réalité. Nous devons travailler avec nos partenaires européens et ainsi peser sur le monde pour réduire les disfonctionnements financiers dans lesquels nous nous trouvons engagés.

La création de valeur générée par les territoires doit être employée en priorité sur ce même territoire. C’est à ce prix que nous pourrons servir les objectifs sociaux auxquels nous aspirons. C’est d’ailleurs selon cette logique que les pays en développement émergent et nous devons les soutenir.

En matière d’entrepreneuriat, le droit à l’erreur doit être considéré comme une période de bonification. Le recyclage rapide des talents et des savoirs acquis durant une expérience non concluante contribue à accompagner le mouvement de la vie entrepreneuriale. Les institutions y veillent, ce qui implique un recadrage de leurs missions actuelles.

Volet social

Chaque citoyen constitue une richesse pour la communauté. A ce titre, la communauté lui permet de contribuer pleinement à la vie commune. Selon les projets de chacun et de ses moyens, chaque contribution est prise en considération sans esprit de compétition mais avec le souci de l’intérêt général.

Au-delà de l’aspect financier, nous encourageons la vie sociale de tous, notamment par la contribution sous toutes ses formes, car l’isolement fait le lit des abus et de l’exploitation.

En clair, nous privilégions un revenu minimum assorti d’une contribution minimum. Ces contributions sont orientées vers des tâches qui fluidifient la vie des citoyens ou qui favorisent la préparation du futur. Elles ont surtout pour vocation de favoriser la circulation des hommes, des savoirs et des idées. De ce fait elles favorisent l’intégration permanente de chacun à la vie collective.

Ceux à qui la chance sourit particulièrement doivent rendrent à la communauté à proportion de ce qu’ils ont reçu grâce aux conditions favorables crées par elle.

De même qu’il n’existe pas de sot métier, il n’existe plus de différence dans les statuts concernant l’appréhension de l’avenir, de la santé, de l’activité professionnelle. Il existe seulement des choix professionnels et ils ne sont pas définitifs.

Les corporations établies et celles en émergence veillent à la probité de leurs membres et à l’actualisation permanente des savoirs et de l’état de l’art. En ce sens leur rôle social est renforcé et reconnu.

La mutualisation de la protection sociale fait partie de notre pacte républicain. Son détournement à des fins individuelles est un coup porté à ce pacte ciment de notre cohésion. Aucune corporation, aucun statut ne peut en revendiquer une part excessive au détriment des autres. Cette compétition sociale est aussi irresponsable que la compétition pour accaparer la richesse, le pouvoir ou le savoir. C’est pourquoi nous devons repenser notre système de manière mieux l’intégrer dans notre réalité économique et culturelle et mieux responsabilisé les citoyens.

Volet international

La France en tant que nation est consciente de son interdépendance avec les autres nations. Elle en fait même l’axe principal de sa doctrine internationale. Cette interdépendance est facteur de paix et d’enrichissement via les échanges entre des hommes, des cultures, des savoirs et des intérêts vitaux.

La France défend cette position en s’appuyant sur la force que représente sa position au sein de l’Europe et l’Europe dans l’échiquier international.

La prévention des crises et le rayonnement de l’Europe, en tant que modèle social de développement, orientent le contenu de nos contributions.

Volet démocratique

Notre démocratie doit évoluer de manière à ajouter à la représentativité des territoires une juste représentativité de la diversité de nos citoyens (sexe, âge, métier, défense d’intérêts collectifs … ).

Elle prend sa légitimité auprès des citoyens grâce à des débats plus ouverts et des contre-pouvoirs indépendants, efficaces et responsabilisés.

Elle se réorganise de manière à trouver un équilibre entre la légitimité verticale (la pyramide des mandats) et horizontale (l’audience dans les médias publics collectifs).

Les partis politiques, les think tank et les autres formes associatives sont organisés de manière à favoriser une réflexion collaborative qui ne craint pas l’innovation et la confrontation des idées. Ils disposent de moyens et rendrent des comptes.

Les relations entre les élus et les électeurs reposent sur des contrats adossés à un état des lieux en début et en fin de mandat. Ainsi, les programmes électoraux ne sont plus une liste d’allégations, mais un plan d’action modélisé et argumenté. L’évaluation objective et transparente doit redonner la confiance et donc la capacité à agir dans la légitimité.

Les mandats électoraux, par principes non cumulables, sont considérés comme une période que l’élu dédie à la communauté, en aucun cas elle ne peut être considérée comme une carrière ou la marque d’un bénéfice, d’une charge.

En contrepartie, la société garantit à ses élus la réinsertion dans la vie économique et sociale en accompagnant leur projet de vie comme pour tout autre citoyen.

Les pouvoirs publics

Ils assurent la protection des habitants (social et physique) dans le respect de la personne humaine et du droit. Les politiques publiques sont entièrement orientées vers la dynamisation et la structuration de la vie sociale, culturelle et économique dans le cadre d’objectifs et de stratégies partagées et en associant la population aux décisions.

Les réformes visent à la simplification et réorientation des forces, dans un esprit de contribution de tous.

Les pouvoirs et leurs contre-pouvoirs sont démocratiques, soutenables, éthiques. Tout manquement à ces principes doit être sanctionné. C’est le ciment du pacte social et des principes du bien vivre ensemble.

 

 

Mercredi 25 novembre 2009

Tête de liste MoDem pour l'Ile de France : une réification ou une valeur sure ?

 

Le choix des têtes de liste pour les élections régionales bat son plein !

La question au MoDem tourne autour de l’alternative :

  • Faut-il promouvoir une image ?
  • Faut-il promouvoir un personnage authentique, qui dégage de l’émotion et qui porte ses convictions ?

Le premier choix qui est fait favorise la réification ! C’est-à-dire une image que nous allons devoir entraîner à dégager des émotion et porter des convictions qui ne sont pas les siennes spontanément.

Je suis perturbée par ce premier choix qui nous est proposé. Notre société de l’image meur de cette virtualité permanente.

 

Voici le message que j’ai adressé à Céline Aléaume sur Facebook en réponse à ses invitations à se réjouir d’un tel choix.

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Mardi 29 septembre 2009

France Télécom : le sinistre tout en un !

Une contre performance magistrale en matière de développement par l’innovation

On se demande pourquoi les suicides de France Télécom, alias Orange, font plus de bruit que les autres.

Le suicide d’un salarié ou d’un patron n’a rien de nouveau, malheureusement. Dans le cas de l’opérateur historique, nous arrivons au terme d’un processus durant lequel se sont amalgamé un chapelet de choses inacceptables, des petites que nous n’avons pas jugé importants d’éradiquer quand il était encore temps.

France Télécom a été une des gloires de l’industrie française. En matière de téléphonie, mais aussi de traitement du son, de l’image et du signal, ses laboratoires de recherche courraient en tête, au coude à coude avec les japonais et les américains.

France Télécom était le développeur et l’exploitant du réseau de télécommunication, LE réseau si précieux pour le développement économique et culturel du pays.

Certes, il y avait quelques souffrances à l’intérieur. En particulier, organisé comme un corps de l’état, les postes clef étaient monopolisés par les polytechniciens, quel que soit leur talent d’ingénieur et de manager. Sous l’effet des progrès technologiques, ce problème est devenu de plus en plus pesant.

En effet, le progrès amène la complexité. Le pouvoir apparent (celui qui figure sur l’organigramme) a été peu à peu dévoyé par le pouvoir réel (celui qui fait que certains sont plus décideurs que d’autres), porté par les véritables experts, compétents, passionnés et passionnants.

Le progrès a commencé à imposer des réductions d’effectifs dans les métiers traditionnels. Les choses ont commencé à se gâter, surtout en raison du management mal habile.

Dans le même temps, pour des raisons inacceptables, pour le personnel et pour l’ensembles des français, il a été décidé de démanteler les laboratoires qui faisaient la gloire de la maison. Il a également été décidé de privatiser progressivement la maison et de l’exposer à la concurrence.

De ce fait, les « agents » sont devenus des « salariés » et les usagers des « clients ». La nuance ne repose pas sur les mots, mais sur l’engagement de chacun. Les premiers étaient fidèles à la nation. Les seconds sont devenus suspicieux vis-à-vis d’une « main invisible » habile dans sa façon de les contrarier.

Privatiser signifie rendre des comptes à des actionnaires qui ont placé leur économies dans le capital de l’entreprise. Comparé à ses concurrents, France Télécom posséde 2/3 de personnel en trop ! L’efficacité financière s’en ressent sérieusement. Eh bien, licencions !

Au vu de l’état du marché du travail en France, le licenciement doit être limité dans le temps et dans des quotas : disons 70 000 en 36 mois. Bien insuffisant pour donner envie aux actionnaires de se ruer sur le titre. Or comment progresser lorsque la bourse fait mine de ne pas faire confiance ?

Pendant ce temps là, les mauvaises habitues de gouvernance prospèrent et d’autres s’y implantent. Selon un banquier, qui préfère rester anonyme, les gens bien payés ne sont pas les meilleurs, mais ceux qui acceptent de faire en silence le sale boulot.

Je ne peux résister à la tentation de dire tout le mal que je pense de notre très mauvaise habitude de placer à la tête des entreprises, cotées au CAC 40, des hommes qui sont plus des grenouilles de cabinet (ministériel) que des amoureux sincère du métier et imprégné de son histoire … Et, tant que j’y suis, je dénonce les allégeances contestables, prises à l’insu de la communauté et qui ont amenées à un tel désastre.

Aujourd’hui, je dis que ce sale boulot n’aurait jamais du exister : fallait-il dénaturer cette maison en lui enlevant sa capacité à innover ? Fallait-il céder à des actionnaires privés ce bien commun dont le contrôle devient chaque jour plus stratégique ?

Grâce à l’innovation, nous aurions nécessairement offert de nouveaux métiers à ceux qui le perdaient de par le fait même de la propagation des innovations. L’imagination n’aurait jamais du déserter les lieux !

Pour cela, il faillait des dirigeants passionnés et passionnants, écoutés par des politiques et les financiers soucieux de l’avenir de nos enfants.

Honte à ceux qui se sont laissés asservir, que soient bannis ceux qui les ont asservi … et pitié pour tous ceux qui se sont laissés isoler docilement ou éjecté à bon compte. Ils ne savaient pas tout, mais ils voyaient !

Cette histoire est une violente contre-performance en matière de développement par l’innovation. Pour que toute cette souffrance ne soit pas vaine, nous avons le devoir d’enrichir notre maîtrise du management du changement et de remettre en cause cette pratique qui consiste à privatiser les infrastructures stratégiques.

Dimanche 27 septembre 2009

C’est eux qui le (re)disent !

Lu cet été dans Les Echos

Extrait d’une série d’articles « les grands témoins ».

http://www.lesechos.fr/info/inter/300369551-serie-d-ete---les-grands-temoins.htm

 

Où est passé l’espoir

Le 18/8/9, Noam Chomsky dénonce le développement de l’américanisme qui a broyé les lieux de vie et d’échange : les églises, les club, les écoles, les syndicats et les partis politiques : « il n’y a plus qu’un seul parti, celui des affaires ». Pour nourrir sa puissance, ce parti laisse le citoyen seul et désorganisé.

Pour sortir de la cette guerre économique nous devons d’abord construire une nouvelle démocratie, capable de gérer le bien commun, dont la finance.

Lutter contre l’isolement et la difficulté à s’organiser est le challenge majeur de notre époque.

 

Entre 1939 et 2008 : le facteur temps n’a plus rien à voir

Le 20/8/9, Alvin Toffler prône la resynchronisation de la vie financière et de la vie réelle. La première s’est mise à aller beaucoup trop vite par rapport à la seconde … c’est ainsi que « Prend le fric et tires-toi » est devenu au fil du temps la devise des gens d’argent.

Alvin Toffler a défendu l’idée qu’en période de mutation il valait mieux se concentrer sur le développement du futur plutôt que sur le contrôle du ralentissement de certains pans de l’industrie en voie de disparition.

Avec cette désynchronisation, la question est devenue sans objet : nous sommes désormais contraints d’atténuer l’effondrement et, simultanément, de reconstruire.

 

La finance est devenu un danger public

Le 25/8/9, Felix Rohatyn invite à prendre au sérieux le vice président de la chine qui suggère que l’on crée une nouvelle monnaie de réserve. Par ailleurs, l’état américain rachète des banques et des constructeurs automobiles !

Qui oserait dire que rien ne change ? Il faut donc faire évoluer nos institions.

 

Les hommes politiques donnent-ils encore de la voix ?

Le 29/8/9, Jérôme Monod révèle la conclusion à laquelle a aboutit sa réflexion sur le scande du Crédit Lyonnais : les responsabilités diluées à l’infini ont permis d’étouffer l’affaire … voilà un mode de gouvernance qui rappelle la maffia. « Oui » lui a répondu un ancien dirigeant de la banque !

La capacité de réflexion se déporte dans les Think Tank et les ONG.

Ne serait-il pas temps d’accompagner l’organisation de ces viviers d’idées et de potentiel d’action, par exemple en accentuant le capacité d’action sur l’opinion public ?

 

La reprise ne viendra pas tout seule

Le 17/8/9, Jean Marcel Jeanneney revient sur les conséquenses de la disparition de fait de l’or en tant qu’étalon et la fuite en avant des américains qui misent sur l’innovation et la relance. Les européens ont raison de travailler sur la régulation.

En réalité, il faut conduire les deux en parallèle.

 

Attention au ressentiment accumulé

Le 21/8/9, Marc Ferro dit cette phrase terrible : « maintenant, là-bas comme ici, c’est un mur qui se dresse entre l’individu moyen et le pouvoir au sens large ».

Le peuple accumule du ressentiment, celui qui permet un jour de se mobiliser …

 

Avoir une vision économique et morale du monde

Le 27/8/9, François Gros rappelle que notre système économique est basé sur l’offre et la demande. Il faut aider ceux dont l’économie peine à accéder à la prospérité. Tôt où tard ils contriburont à intensifier la demande dont le marché à besoin. Le développement par les petits projets se révèle plus efficace.

Espoir : l’Europe n’est pas en retard en matière de recherche et la nouvelle génération est mieux éduquée et plus déterminée.

Cette stratégie, inscrite dans une logique de développement durable, nécessite une vision harmonisée entre la dynamique économique et la régulation morale.

 

Préférez-vous votre argent ou vos enfants ?

Le 24/8/9, Michel Serre rappelle la précarité de l’argent fabriqué par les traders. Pierrette, devant son pot cassé, a vite compris que la richesse est éphémère et relative. Le lait tombé ne sera pas vendu, mais il faudra payer celui qui l’avait fourni … pour ce qui nous concerne, ce sera nos enfants ….à moins que nous nous mobilisions pour arrêter le massacre.

« Je vois toutes les institutions comme des dinosaures » : tout à changé, il n’est pas possible qu’elles ne changent pas elles aussi.

Dans quel sens les faire changer ? Faut-il tout redessiner ou simplement les rééquilibrer afin que les pouvoirs et les contre-pouvoirs sécurisent l’ensemble ?

 

 

Samedi 26 septembre 2009

Guerre de l’attention & guerre des talents

Echéances électorales : chacun cherche sa voie

 

Cette semaine, les élus des fédérations de l’Ile de France, comme dans toutes les autres régions, ont été réunis pour prendre connaissance des modalités d’organisation des listes et du programme qui seront soumis aux électeurs à l’occasion du renouvellement des conseils régionaux.

Les listes seront validées par des instances dont l’indépendance reste à inventer et le programme sera préparé selon des méthodes qui n’ont pas été clairement explicitées.

Ne serait-il pas plus simple d’organiser des primaires en s’inspirant des autres partis et de construire un authentique programme en tablant sur les talents et les expertises qui s’expriment dans les commissions et sur des approches différentes au sein du GRID ?

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Démocratie : nouveau cahier des charges

Comment aller enfin vers la diversité politique.

 

 

Le passage du 20ème au 21ème siècle se solde par un match nul entre le modèle de gouvernance trop étatisé de l’Est et celui trop privatisé de l’Ouest. Toutefois, en terme de longévité, il y a un léger avantage au modèle trop privatisé.

En raison de son fonctionnement inhumain, le modèle trop étatisé a fait la part belle aux apparatchiks omnipotents et a rendu son peuple fataliste, englué dans une économie approximative. Le second, en raison de son côté hyperconcurrentiel a fait la part belle aux adorateurs du veau d’or et a rendu son peuple suractif et quelque peu lobotomisé.

Un nouveau modèle de gouvernance est donc à mettre au point. Nous ne savons grand-chose de lui. Nous savons simplement qu’il va s’inscrire dans la continuité de ces expériences récentes, devenues nos références.

Les grands courants de privatisation des « infrastructures » (Vivendi, TF1, les autoroutes, certaines banques, ou encore France Télécom) se sont fait à l’insu du peuple. Toutes fois, pour rassurer les électeurs, les repreneurs du bien public se sont engagés à respecter un cahier des charges qui vise essentiellement à protéger « l’usager », devenu à l’occasion « client », afin que le service soit rendu suffisamment correctement pour ne pas susciter l’insatisfaction dans le public.

Manifestement, il manquait des chapitres à ces cahiers des charges. On le sait aujourd’hui, il fallait aller plus loin sur le registre de l’économie responsable.

Cependant, le plus précis des cahiers des charges n’est rien si sa mise en application est contrôlée de façon opaque. Or la société vers laquelle nous nous acheminons exige de la transparence. Parce que le différentiel de niveau d’éducation se réduit entre les décideurs et les administrés, notre nouvelle civilisation veut que les décideurs qui rendent des comptes aux élus et des élus rendent des comptes aux électeurs.

L’électeur ne veut plus signer le moindre blanc seing à qui que se soit. Or la gouvernance par cahier des charges semble une pratique qui a de l’avenir. Il tend à se généraliser depuis que nous prenons conscience qu’un certain nombre de biens communs à tous les hommes de la planète se révèlent nécessiter une gestion équitable et communautaire (l’air, l’eau, certain minerais …). Que la gestion en soit confiée à une ONG, une entreprise privée ou un pays démocratiquement désigné, il est nécessaire de confier le travail à quelqu’un et il est nécessaire que ce quelqu’un rende des comptes.

Dans cette forme de démocratie exigeante, l’électeur veut choisir son élu. C’est pourquoi l’intolérance exprimée par les militants vis-à-vis des candidats parachutés et des listes électorales bricolées par quelques happy few n’est pas prête de se dissiper. Bien au contraire. Les militants ont raison.

Maurice Merchier est venu à l’université de rentrée expliquer comment notre démocratie fantoche, avec son systèmes d’alternance, est la cause de notre fuite en avant dans le déficit : à chacun son tour d’engager des dépenses qui seront payées par le suivant. Terrifiant !

C’est pourquoi les partis doivent désormais proposer des cahiers des charges à leurs électeurs. Autre fois, cela s’appelait un programme, mais les programmes ne sont pas respectés. Il n’est plus possible de les proposer sans susciter la suspicion.

Un cahier des charges, c’est une promesse de résultat assortie d’une demande de moyens et des conditions de réalisation. A partir du moment où l’électeur a pris connaissance des conditions de réalisation, il accepte que le progrès passe par des sacrifices. Dans une telle démarche, il n’y a plus lieu de faire les choses en douce derrière son dos. L’électeur est explicitement responsabilisé dans ses choix. Il se sent grandi et il accepte de participer au débat. C’est à ce prix que notre civilisation donne accès à la maturité à laquelle aspirent les hommes de notre époque.

Les actions engagées sont généralement plus longues que les mandats. Il est donc nécessaire de préciser dans quel état le candidat et son équipe s’obligent à laisser le projet en fin de mandat. C’est notamment ainsi que nous pourrons amorcer une parade sérieuse vis-à-vis du déficit (et tous ses sujets connexes).

Rédiger un cahier des charges est un travail sérieux. Dans les entreprises, il est souvent confié à des consultants chevronnés qui s’appuient sur des études de faisabilité tout aussi sérieuses.

Ainsi, dans l’optique d’une échéance électorale, il faut fournir un travail impliquant. Il est normal que les contributeurs entendent en tirer un retour personnel. Tout naturellement, une place élective devient le juste salaire du travail fourni. A partir de ce moment là, la liste des candidats n’est plus un assortiments de pots de fleurs et de faire-valoir, mais des contributeurs, engagés, intégrés dans une équipe qui a démontré sa capacité à co-produire un cahier des charges crédible. Chacun y joue un rôle précis. Le leader s’impose par son charisme.

Nos institutions permettent la diversité géographique, mais pas la diversité culturelle, ce qui est la cause de bien des bévues au sein du parlement. Avec l’introduction de cette notion de cahier des charges, de par la diversité d’expérience et de compétences requise pour la préparation d’une élection, les listes présentées gagneront de façon significative en représentativité de la population.

Les propositions construites dans ce type d’organisation seront peut-être plus robustes, elles seront surtout mieux comprises par les militants et donc mieux développées auprès des électeurs.

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