Les Colibris (mouvement de Pierre Rabhi) ont un rêve : un monde qui se préoccupe d’assurer la suffisance pour chacun, un monde où les citoyens ne sont plus obsédés par la possession matérielle, mais à la recherche de valeurs relationnelles et créatives.

Ils rendent le discours de madame Lagarde ridicule : travailler plus, pour gagner plus et dépenser plus. Où est la sortie de cette roue infernale et désespérante ?

Ce monde s’installe naturellement dans la continuité de le déception du consumérisme et dans l’écœurement de la surproduction.

 

Pierre Rabhi et les Colibris appartiennent à un courant de pensée qui remet en cause les paradigmes auxquels il faudrait s’accrocher, au simple motif que des investissements doivent être rentabilisés avant d’être abandonnés. Ceci concerne par exemple les logiques de surconsommations : le marché est dimensionné pour un renouvellement rapide des produits d’équipement des ménages, alors que rien ne nous oblique à changer sans cesse de téléviseur, de pull ou d’automobile … rien si ce ‘est l’obsolescence programmée ou les lois ou encore les incitations fiscales. Les laves-linges de nos grand-mères duraient au moins 30 ans. Or, peu d’innovations justifient le renouvellement rapide du parc de lave-linge.

 

Dans ce courant de pensée, la société se redessine autours d’une philosophie radicalement différente, qui tire profit de l’efficacité du revenu de base et de la souplesse démocratique promise par les monnaies complémentaires.

Les grands changements ne peuvent pas venir des candidats à la présidentielle de 2012 en France, ni de celle de 2013 en Allemagne. Les candidats à ces élections ont préparé leur ascension depuis plus de 30 ans. Ils sont entourés de suiveurs et de conseilleurs qui sont eux-mêmes dans le circuit depuis plus de 30 ans et leurs bailleurs sont les bénéficiaires du système actuel. Ainsi, ils promettent, tout au plus, de rafistoler le système, ce qui ne rassure pas les électeurs, bien au contraire.

Ainsi, face à ce doute grossissant alors que les électeurs maîtrisent de mieux en mieux Internet, et compte tenu du fait que les enjeux sont trop importants, Pierre Rabhi et l’ensemble des courants de pensées alternatives finissent par être entendus.

Les historiens nous racontent comment Rome, Byzance ou encore Pékin ont sombré dans la léthargie, asphyxiés par des dirigeants qui ne remplissaient plus leur office de dirigeant, étant complétement déboussolés par les mutations sociales, économique, politiques et climatiques.

Les européens ne veulent pas tomber dans la léthargie. Voilà pourquoi ils s’intéressent à cette campagne présidentielle au-delà des discours des candidats « qui ont une chance ».

Il est vraiment dommage que les médias boycottent les messages des « petits candidats ». Ils sont les seuls à pouvoir oser dire des choses intéressantes.

Il est encore plus dommage que les médias ne relaient pas assez les courants de pensée alternatives. Néanmoins, ils mettent en valeurs des artistes qui ne sont pas des produits marketing, mais de vrais artistes qui produisent des innovations avec leur sensibilité à fleur de peau.

Quand ces artistes se font l’écho de ces courants de pensée alternative, ils remplissent pleinement leur fonction.

 

Merci monsieur Ruquier d’avoir posé cette question à Camille.

Merci Camille d’avoir fait cette réponse.