Délocaliser les tâches à faible valeur ajoutée est une erreur. Une entreprise industrielle fonctionne en un cycle composé d’une succession processus : celui qui imagine le produit, celui qui étudie comment le réaliser, celui qui le réalise, celui qui le vend, celui qui le répare … Toutes les personnes engagées parlent entre elles. Elle détectent des marges de progrès et proposent des solutions pour les mettre en œuvre.
La délocalisation consiste à sortir un maillon. A cause de l’éloignement, il ne communique plus correctement avec les autres maillons. L’expérience collective s’en trouve appauvrie.
En revanche, le pays d’accueil ne manque pas de s’instruire … parfois à peu de frais puisqu’il expérimente avec le bien de l’autre.
Ceci n’est pas une révélation. Naomi Klein l’expliquait très bien dans son livre No Logo en 2000, il y a 10 ans ! Tous ceux qui ont eu le plaisir de travailler dans l’industrie sont capables de dire que tout ceci n’est qu’une évidence. Les bonimenteurs qui ont fait croire qu’il faut produire là où sont les clients ont mal lu le manuel ou ont accepté l’inacceptable.
Notre savoir faire s’est dilué et nos emplois sont éparpillés.
Fallait-il sauver la marque qui a croqué dans le fruit défendu ?
- Oui, si on se contente de voir la force que dégage cette publicité actuellement sur nos écrans de TV.
- Pas si sure si on se dit qu’il serait pertinent de faire du neuf sur la base du meilleur de ce qu’il nous reste : les ingénieurs, les usines expérimentales et tous les corps de métier qui sont eux-mêmes en mutation via les « contrats de chantier » et autres formes de précarité.
En clair, il aurait été plus spectaculaire de « recycler » la veille enseigne. L’idée est exagérée, mais mérite d’être décortiquée.
Les français ont acheté des véhicules dont ils n’avaient pas vraiment besoin. Ils ont mis à la casse des véhicules qui avaient encore quelques printemps honorables devant eux. Cela s’appelle du « gaspillage ».
L’épargne de ces même français aurait pu irriguer les projets innovants de startups axées sur les moyens de locomotion de demain. Les installations auraient pu servir de lieu de production. Ces startups auraient trouvé sur le marché de l’emploi tous les talents et les savoirs nécessaires pour une montée en flèche, allégé d’un passé de plus d’un siècle. C’est ce que l’on appelle « le développement par l’innovation ».
Cette autre voie était plus difficile sur le moment, mais tellement plus intéressante sur le moyen terme !
