Je comprends ton enthousiasme et son intervention sur RTL ce matin devrait te conforter http://www.rtl.fr/fiche/5930739450/alain-dolium-president-de-region-pour-moi-c-est-possible.html

Mais je sais aussi que les militants qui pourraient avoir à défendre ce candidat se posent bien des questions car il se sentent échaudés par certains castings antérieurs qui se voulaient tout aussi prometteurs. Donc, ils enquêtent et voici ce qu’ils lisent ou entendent de-ci de-là à propos de ce candidat potentiel :

1.       qu’il est présenté pour le moment comme le choix unique et que par conséquent il doit faire l’adhésion dès son entrée en scène. Le propulser aussi violement consiste à lui créer une cause d’échec. Les militants du Modem ne sont plus disposés à se décarcasser pour un météore qui nous quittera sitôt élu parce qu’elle n’a pas la moindre attache parmi nous.

2.       que sa présentation samedi a inquiété en raison de son manque de concision. Sa difficulté à dérouler un slide show confus et à répondre aux questions qui lui sont posées n’a pas rassuré,

3.       qu’il ne semble pas mesurer la dissemblance qu’il y a entre un parti politique et une entreprise,

4.       compte tenu de ce qu’il se lit sur Internet à propos de la phase de développement dans laquelle se situe son entreprise, il semble assez bizarre qu’il s’engage dans un tel projet politique en parallèle,

5.       que la confidentialité des références commerciales de son entreprise et de sa représentativité dans le milieu professionnel concerné est assez discrète,

6.       son parcours n’a rien d’exceptionnel pour notre cible d’électeur chez les cadres : 10 ans dans le middle management puis l’entrepreneuriat : c’est le profil type du porteur de projet qui soumet un dossier chez un investisseur. Le système fonctionne comme cela actuellement, pour ceux qui viennent des « quartiers » comme pour les autres,

7.       l’argument avancé par notre président pour justifier ce choix ne me semble pas correspondre aux attentes des électeurs en cette période de crise économique : l’ascenseur social des minorités visibles demeure un sujet, mais pas LE Sujet,

8.       les uns et les autres ont pensé à la référence Obama. En marketing, les « me to » sont très risqués. Il faut faire nettement mieux si non rien. Les sosies inspirent éventuellement de la curiosité, parfois de la pitié. Aucun ne « sortent » vraiment. La référence à Harry Roselmack n’est pas pour rassurer si l’on tient compte des positions d’antenne qui lui sont finalement réservées au regard des promesses qui ont égayé son transfert depuis Canal +,

9.       Il n’a pas de passé politique, ni militantisme, il n’en fait pas un mystère. Il s’affiche à la droite de la gauche sans plus d’explications,

10.   Sa réflexion balbutiante en matière de gestion de la région Ile de France, de sa spécificité, de ses forces et de ses faiblesses ... donne à penser qu’il ne sera pas contributeur dans le contenu programmatique. Il sera seulement porte parole. A-t-il conscience de ce rôle, lui qui a tenté l’entrepreneuriat ?

Bref, rien de bien grave. Tout ceci peut se traiter avec une bonne préparation.

Si je te dis tout cela, c’est parce que je crois qu’il faut pouvoir anticiper la réaction de nos électeurs et encore plus de nos militants. Quand François Bayrou dit qu’il veut aller à la rencontre des citoyens en propulsant l’un d’eux, choisi on ne sait comment, il peut éventuellement créer du rêve chez les uns, et de la colère chez les autres. Reste à savoir dans quelle proportion ? Notre situation est trop critique pour que nous nous permettions de ne pas prendre en compte ce risque et un plan d’action en conséquence.

J’ai bien noté que cette candidature sera soumise à notre approbation. J’espère que des offres alternatives seront intéressantes.

Un solide laideron, expérimenté, porteur de convictions proche de nos préoccupations fortes et affichant ses heures de vols dans les sections et les commissions, devrait avoir sa chance. Qu’on ne me dise pas qu’un tel personnage n’existe pas. Statistiquement il y a toujours quelqu’un qui porte le profil qui va bien au moment qui va bien, même s’il n’est pas le meilleur, nous saurons le soutenir pourvu qu’il nous convainque.

Néanmoins, s’il séduit les militants où s’il s’avère qu’il nous est imposé, nous aurons pas mal de travail … une forme de travail qui devrait te rappeler quelques souvenirs.

J’espère vivement que nous serons appelés à nous prononcer sur un choix entre plusieurs profils comme nous l’a promis François Bayrou.