Nul ne peut prétendre la bloquer la marrée. De même, nul ne
peut bloquer la mutation que nous sommes entrain de vivre.
Sur le plan socioéconomique, cette mutation se caractérise
par l’émergence d’une nouvelle réalité quant à la détention du capital.
Dans la logique de l’ère
industrielle, pour que des produits, des biens et des services soient mis sur
le marché, il faut qu’un « capitaliste » acquière, à partir d’une
idée ou d’un brevet dont il peut jouir, des équipements de production. Ensuite,
au grès des caprices de son marché, il lui suffit d’acheter de la matière
première et de salarier des collaborateurs en contre partie du temps qu’ils donnent
à l’entreprise … et puis le « capitaliste » s’arroge les bénéfices en
récompense de ses initiatives fructueuses.
Or, nous assistons à une montée en puissance des éléments de
la place prise par les talents et les savoirs dans ce processus, ce qui nous
impose un nouveau paradigme.
Ainsi, le beau schéma simpliste qui a pu fonctionner à l’ère
industrielle ne tient plus, car la création de richesse repose sur la capacité
à mettre en synergie des biens, des savoirs et des
talents. De surcroît, toute entreprise ne peut rien faire sans
adosser sa capacité de production au bien commun (infrastructure, éducation,
santé, justice, culture …).
De ce fait, le capitalisme, qui a joué un rôle stratégique à
l’ère industrielle ne devient plus qu’une composante. En
revanche, le bien commun devient déterminant.
Or, le bien commun résulte de la contribution, sous une
forme ou sous une autre, des contributions des vivants et des générations
précédentes. Il constitue le patrimoine
d’une nation qui ne saurait être confié à des intérêts privés.
Les démocraties occidentales, sous leur forme actuelle ne
cessent de montrer leurs faibles, en France tout particulièrement en raison de
la centralisation récurrente. Le travail de refonte de notre paradigme doit s’attarder
sur les nouvelles formes de démocraties.
Les richesses du sol deviennent plus que jamais une des deux
composantes majeures d’un pays. L’autre composante est sa manière de mettre en
valeur ses citoyens.
Néanmoins, il revient à chacun de
cultiver ses savoirs, ses talents et son réseau de relation. Le mode
de récompense qui en découle est le nœud du nouveau paradigme que nous avons à
inventer … Marx avait un peu raison, nous sommes tous en train de devenir
capitaliste, mais pas comme prévu : seulement en richesse non marchande.